THE BLACK DAHLIA MURDER fait chavirer Le Petit Bain – 23.04.2019 [LIVE REPORT]

THE BLACK DAHLIA MURDER fait chavirer Le Petit Bain – 23.04.2019 [LIVE REPORT]

2 mai 2019 0 Par Oona INKED

Raz-de-marée de violence en approche

 

Ah, le mois d’avril. Ses cloches, son chocolat, ses jours fériés, ses cadavres. Après avoir accueilli Saint Vitus, les papas du Doom américain, le Petit Bain, caraque
incontournable de tous les styles, reçoit ce soir leurs compatriotes de The Black
Dahlia Murder pour la première date française de leur tournée en compagnie des
helvètes de Virvum et les lorrains de Fractal Universe (oui, nos régions ont du
talent).

 

FRACTAL UNIVERSE

 

 

 

 

Chose promise, chose due, nous revoilà devant Fractal Universe, ça faisait
longtemps. Dans la continuité de l’Asylum Metal Fest qui s’était mine de rien fini assez tard, le quatuor continue de défendre son dernier opus en 8 actes, Rhizomes Of
Insanity. Ils reviennent en pleine forme – et avec toutes leurs têtes – faire chauffer les
planches du Petit Bain.

Pas le temps de digresser, Oneiric Realisations commence sur un riff aux
touches djent, suivi de paroles presque chuchotées, une atmosphère calme, mais on se doute de la claque qui va suivre… Puis l’explosion. Un rollercoaster d’intensité, une pléiade d’ambiances toutes aussi variées les unes que les autres qui se poursuivront sur Flashes Of Probabilities. Nous enchaînons avec Masterpiece’s Parallelism.

Clément Denys se défoule derrière ses fûts, tel une machine de guerre, nous noyant
dans une avalanche de blast et de double pédale, ainsi qu’une bonne portion de groove syncopé à la guitare façon Textures de la part de Vince Wilquin. Étonnamment, le groupe choisira de piocher dans son premier album avec Sons Of Ignorance, plus brutal et plus sombre que les récents titres, évoquant sans équivoque un mélange de Trepalium et Gorod, groupes émérites du genre, et français qui plus est. Décidément, niveau groupes de qualité, nous sommes biens servis.

C’est sur le complexe Fundamental Dividing Principle que le groupe
terminer son set. On aura droit à des interludes à la Animals As Leaders ou encore Intervals, alternant entre solos techniques et doses de feeling, le tout agrémenté d’un délicieux passage au saxophone.

Même si beaucoup étaient présents pour la tête d’affiche, le Death progressif de
Fractal Universe aura su fédérer la salle. Une dizaine de personnes se lanceront
même dans un petit pogo. C’était agréable de les voir dans le cadre d’un concert et pas
d’un festival, devant un public bien plus conséquent et forcément plus réactif.
Malheureusement, cinq chansons, ça passe vite. Le temps de remercier la foule,
l’organisation, et de prendre une photo, les voilà déjà repartis. Un show de qualité qui
nous laissera repus.

 

 

 

VIRVUM

 

 

 

 

Nous retrouvons les suisses de Virvum, que certains avaient sûrement vu en première partie de Ne Obliviscaris l’an dernier. Sans surprise, Illuminance, de
l’album éponyme, ouvrira le bal. On commence sur une intro calme d’une minute, puis sans sommation, la double pédale nous prend aux tripes, accompagnée de riffs à la dissonance meurtrière. Après un court interlude border-atmosphérique, le public se
déridera et s’agiter un peu plus. Sans transition, comme sur l’album, Ad Rigorem mets le feu aux poudre, appuyé par le chant de Bryan Berger, alternant scream et growl avec une facilité déconcertante.

Après les blasts à tout va d’un nouveau titre façon Deeds Of Flesh (les albums
récents, qu’on s’entende) et un lightsow épileptique, c’est sur un passage plus calme de Tentacles of The Sun que Bryan présentera le bassiste, Arran McSporran,
également bassiste du groupe britannique De Profundis, et qui ne se fera pas prier
pour démontrer ses talents par un solo carrément jazzy. Il sera suivi d’un autre solo, à la guitare cette fois ci, tout aussi brillamment exécuté par Nic Gruhn.
À l’instar de l’album, c’est A Final Warning Shine qui aura le mot de la fin, dix minutes grandioses, une structure hétérodoxe, commençant fort, passant par du down-tempo plus mélodieux, pour finir sur de l’instrumental, de quoi offrir un peu de répit à nos oreilles fortement sollicitées depuis ce début de soirée.

Un passage en somme assez peu différent de leur dernière venue à la capitale. Ils
resteront sur leurs acquis du premier album et garderont sensiblement la même setlist, même si une seconde exclusivité n’aurait pas été de trop. Ils savent néanmoins s’imposer dans leur style, suivant les pas des leader du Death Progressif (Obscura, Beyond Creation), et ils le jouent bien, c’est l’essentiel. On attend le prochain opus avec impatience !

 

 

 

 

THE BLACK DAHLIA MURDER

 

 

 

 

C’est maintenant l’heure pour les barons du Death Metal de se mettre en place. Depuis sa création en 2001, The Black Dahlia Murder n’aura pas chômé. Un album tous les deux ans, c’est devenu leur rythme de croisière, et ils nous auront préparé ce soir un panaché de violence à décrocher des têtes.

Même avec un volume sonore étonnement bas (on s’entendait parler, c’est pour dire), l’introduction très reconnaissable de Widowmaker fait déjà crier la foule,
Trevor Strnad débarque sur le pont, “What the fuck is up, my friends!?” À partir de
ce moment, c’est un mosh pit sans fin, des slams continus tel un raz-de-marée qui
déferle sur les devants de la scène. Jars, Contagion, Miasma, Warborn, le groupe
jongle entre les tubes des différents chapitres de leur discographie, du récent, de l’ancien… C’est encore une fois sans surprise que les américains frapperont fort et sans finesse.

The Black Dahlia Murder poursuit son massacre, sa mutinerie, avec une arme
de choix : Nightbringers (2017), leur dernier album en date, avec le titre éponyme, Catacomb Hecatomb, et As Good As Dead, d’une intensité implacable, ponctuée par les riffs aiguisés du jeune Brandon Ellis. Ne s’attardant jamais de trop sur un même registre, nous enchaînerons sur l’album Ritual (2011) avec comme
ambassadeurs les titres Malenchantments of The Necrosphere et On Stirring
Seas of Salted Blood, titre évocateur, et plutôt d’actualité car les slams vont toujours bon train !

Abysmal (2015) et Evergrey (2013) passeront à la trappe, peut être sont-ils
moins convaincus par cette période de leur carrière ? Personnellement, j’aurais adoré
un Goat of Departure ou encore Their Beloved Absentee ! Mais le groupe n’aura
pas oublié Everything Went Black et Deathmask Divine, n’en déplaise aux
amateurs de Ritual (2011). Enfin, I Will Return (Deflorate, 2003) clôturera ce
magnifique set, que dis-je, cette boucherie de plus d’une heure. Oh, ils reviendront, c’est certain. Nightbringers sortait en 2017. Nous sommes en 2019, vous savez ce que cela veut dire…

 

L’affiche de ce soir aura retourné le Petit Bain à coups de mortier de 13 pouces.
Une Invincible Armada en beaucoup moins catholique, si je puis dire. Les moussaillons quittent les canots, quelques uns ramassent leurs tympans. Chacun rentre chez soi, affublé d’un sourire de Glasgow. Un conseil pour le retour, cependant : évitez
les terrains vagues.

 

 

 

REPORT ÉCRIT ► Oona INKED / WARM TV ©
PHOTOS ► Guillaume BOUVET – Les Visions de Monsieur G. / WARM TV ©
REMERCIEMENTS ► Les Groupes, REPLICA PROMOTION & Le Petit Bain

 

© WARM TV – MAI 2019

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