Metal Sphère #8 – Apocalypse imminente dans les Yvelines – (1ère Partie)

Metal Sphère #8 – Apocalypse imminente dans les Yvelines – (1ère Partie)

26 mars 2019 0 Par Oona INKED

2019-03-15 / 48° 46′ 00.12″ N 2° 04′ 00.12″ E

Tendez l’oreille. Vous entendez ? C’est le bruit des sirènes civiles. L’alerte à la population est lancée. L’événement Metal phare des Yvelines revient tel une bombe nucléaire pour une huitième édition, prête à mettre le département en position abdominale de fragilité. Et d’année en année, Met’Assos nous concocte un line-up à chaque fois plus imposant que le précédent. La nouveauté, c’est que nous sommes ce soir à la Batterie de Guyancourt, salle émérite qui a su recevoir de nombreux artistes de tous les horizons. Pour résumer selon les sages paroles de Groland : “Qu’est c’que c’est ? C’est la pétée !”

Irrepressible Wrath, ce sont quatre lurons qui écument les salles depuis 2010 à l’aide de leur humour et leur son destructeur. Ils ouvriront les hostilités par une intro instrumentale, signalant aux quelques personnes déjà présentes que le concert a commencé. Pas l’temps d’niaiser, les musiciens se mettent déjà en place, Fabien, le chanteur, s’impose par une alternance de growl et de shriek puissants. Ils n’ont tellement pas le temps de niaiser que c’est le nom de leur deuxième titre.

 Des breakdowns solides et une bonne mesure de samples pour une prestation en somme bien travaillée. Seul bémol : un jeu un peu statique pour une setlist un peu courte de six morceaux, et un public malheureusement toujours éparse et timide. C’est vrai que la fosse peu remplie et l’horaire ne leur font pas honneur. À revoir bientôt au Metal du Forgeron le 20 avril, ou mi mai pour une date parisienne !
[supsystic-gallery id=67]

Midnight Blackout accueille les retardataires et poursuit avec un Post-Hardcore mélangé à du Math Rock très entraînant. Formé en 2017 par d’anciens membres d’Aphrodite’s Baby, le groupe sortira rapidement un EP en 5 titres intitulé Hangover.

qu’ils nous présenteront ce soir, avec en prime 4 nouvelles compositions. Malgré leur globalement faible expérience de la scène en tant que groupe, on ressentira une forte cohésion entre les musiciens, et un jeu de scène à l’image de leur musique : bordélique ! Ça saute dans tous les sens, Heddy et Rudy, les deux guitaristes, font un face-off, c’est énergique…

Déjà avec Unexpected Guest et In Sheep’s Clothings, la foule commence à se prendre au jeu mais les riffs et la batterie presque punk de Get Mad seront décisifs pour encourager les plus téméraires à se défouler un peu plus. Pas suffisant, apparemment, le chanteur tentera de les motiver régulièrement. Ils finiront en beauté sur Hazuki Ryo et Sector 9 devant un auditoire bien échauffé pour accueillir l’acte suivant.
[supsystic-gallery id=68]

Ils sont talentueux, ils représentent la scène française avec panache, les gars de Kadinja reviennent tout juste d’une tournée en Asie qu’ils remontent déjà sur scène, plus énergiques que jamais, avec à l’honneur leur dernier album Super 90′,

qui comme son nom l’indique, célèbre cette décennie singulière dans laquelle beaucoup d’entre nous ont grandi. Ils entament lourdement avec un Empire plein de groove et Stone of Mourning sous le cris d’une salle, depuis, bien remplie. Les fans sont au rendez-vous.
Episteme et From The Inside aux refrains plus mélodieux et mid-tempo nous laisseront nous remettre de cette entrée fracassante pour mieux enchaîner avec November Day et ‘Til The Ground Disappears, tous deux issus du premier opus, Ascendancy (2017). Des lignes de basse à en faire trembler les murs de la part de Steve Tréguier (qui officie également dans The Dali Thundering Concept), une complexité rythmique à décrocher des têtes, un chant tantôt scream tantôt

clair parfaitement maîtrisé faisant passer le mal de gorge de Philippe Charny totalement inaperçu !
Kadinja aura su comme toujours nous offrir un show réglé comme du papier à musique, jonglant de manière équilibrée entre les répertoires de leurs deux albums, avec un jeu de scène bien synchronisé de Quentin Godet et Pierre Danel, qui n’hésiteront pas à descendre dans la fosse et s’amuseront même à jouer sur le manche de l’autre (non, c’est pas salace). C’est sur Glhf et Véronique que le groupe nous dit au revoir, et donnera tout ce qu’il lui reste de stamina, avec une outro débordant de virtuosité. On appréciera !
[supsystic-gallery id=69]

Ça s’affaire sur la scène, on remballe le matériel, les techniciens montent le backdrop du prochain groupe et on finalise les balances.

Ce sont les Norvégiens de Shining qui cloront cette première journée avec leur mélange de Metal et de Nu Jazz. On approche minuit, le public restant oublie la fatigue et saute au rythme de Animalpremier titre éponyme du dernier album, d’un style bien éloigné de Blackjazz ou
Grindstone. Ici, Jørgen Munkeby, la tête pensante de la formation, choisira de se concentrer essentiellement sur le récent de leur carrière, optant pour un son ni Black, ni Jazz, mais de fortes influences Pop/Hard Rock avec un relent d’électro, comme le montre Last Day (International Blackjazz Society, 2015). Le côté pop/commercial aérien de Hole In The Sky est parfaitement appréciable, mais tiendra plus d’un Chlorine ou Neon Gravestones de Twenty One Pilots, et pour moi n’a pas une place des plus pertinentes ce soir. On aurait failli s’endormir si ce n’était pas pour Fight Song, plus énergique, adoptant au synthé un son caractéristique de MuseUn réveil efficace est de mise avec I Won’t Forget et The One Inside (One One One, 2013), très représentatifs du Shining d’antan, avec un chant screamé, un synthé beaucoup plus indus/goth, et du saxophone à foison !

Il trônait sur la scène depuis le début, il a su se faire attendre. Tout le monde n’a pas eu la même sensibilité face au style de Shining, mais ceux restés jusqu’à la fin auront droit à une prestation qui valait le détour. Jørgen sollicitera l’audience dans un dernier effort pour la faire pogoter et chanter sur Smash It Up!, pour tirer le rideau sur The Madness And The Damage Done et Fisheye, issu du fameux Blackjazz (2010).
[supsystic-gallery id=70]

Fin du premier acte. Direction les dortoirs, chacun retrouve son lit de camp, puis extinction des feux. préparez vos bardas, sortez les lance-patates. Demain prévoit d’être sévère.