AWAKENING par SACRED REICH

AWAKENING par SACRED REICH

2 août 2019 0 Par Tim

Chronique par Tim

Sacred Reich… c’est typiquement le genre de groupe qu’on a l’impression de connaître depuis toujours quand on est un afficionado du metal. Un nom qui, sans être mythique, fait partie du bréviaire habituel… « Sacred Reich ?! Ah ouais ouais, j’connais… enfin j’en ai déjà entendu parler ». Car oui, les ressortissants de Phoenix sont des références du thrash depuis les Eighties avec quelques opus aux noms les plus explicites ou… incongrus : Independent, Ignorance, The American Way ou encore… Surf Nicaragua ( ?!!!).

23 ans d’attente

Mine de rien, les Arizoniens auront mis 23 ans à sortir un nouvel album… Une séparation, des changements de line-up expliqueront largement ce délai. Le quatuor s’est stabilisé avec le retour de l’iconique Dave McClain qui avait officié au sein du groupe dans les années 1990. McClain ayant tenu les fûts pour un autre groupe américain qui a connu un petit succès au cours des dernières années… (Machine Head… humour… c’est bon, on se détend les gens).

Un nom qui, sans être mythique, fait partie du bréviaire habituel…

Je me suis donc replongé dans la discographie de SR pour rédiger cette bafouille, cela m’a ramené aux origines du son thrashy ‘ricain 80-90 sans grande nostalgie. J’ai parcouru leurs productions, perçu l’évolution sonore et le coté revendicatif des textes. Le tout afin de me mettre dans les conditions nécessaires à la découverte d’Awakening.
Trêves de contextualisation : c’est bon… réellement bon !
Passons rapidement sur la prod, elle est de bonne qualité, sans pour autant être « overproduced » avec des effets putassiers qui ruinerait l’essence même du style thrash porté par le groupe. Le groove est omniprésent et très bien mis en valeur dès le titre introductif Awakening.
La frappe de McClain, aisément reconnaissable, est un atout indéniable : précision, justesse et la brutalité suffisante. Le mix sur les guitares et la basse est intéressant, il met bien évidemment en valeur les soli. Un chouilla de basse en plus m’aurait davantage séduit (oui… je dis encore « chouilla »).
Pour la voix, sujet épineux pour votre humble chroniqueur – brailleur à ces heures perdues, c’est une satisfaction sur l’ensemble de l’album, les modulations entre le groove, le clean et le saturé se font très agréablement.

Le petit Track-by-track qui va bien :

  • Awakening : et bim un début d’album avec un morceau qui tabasse, après deux écoutes, la conviction est présente. Je reviens une nouvelle fois, la batterie est catchy et vient capter directement l’oreille. Les grattes sont précises et incisives tant sur les rythmiques que le solo (une obligation pour le genre).
  • Divide & Conquer : avec un nom digne d’un jeu vidéo, le morceau débute avec un coté speed metal loin d’être déplaisant, les refrains prennent un aspect plus épique où la voix de Phil Rind est mise à l’épreuve sans faillir tel un chevalier du temps jadis.
  • Salvation : Je vous ai dit que c’était aussi groovy ? Oui ? et bien voilà Salvation ! Encore plus que les deux premiers morceaux, celui-ci va me ramener aux décennies précédentes et le tout sans que ça soit négatif. Le tricotage de manche est bien présent, bien réalisé et ravira les amateurs de shred.
  • Manifest reality : quelques effets sonores pour lancer ce morceau, après le groove de Salvation, on revient sur du lourd, du méchant. L’ambiance est pesante, l’agressivité est au rendez-vous, quelques touches « slayeriennes » de bon goût.
  • Killing Machine : non… ce n’est pas une chanson d’amour, mais c’est celle qui reste le plus en tête à ce moment de l’écoute. Les refrains montrent bien la capacité de Rind à monter haut dans les notes et les guitares font tourner des petites rengaines qui font fredonner des notes avant la fin de la première audition du morceau.
  • Death Valley : est ce que mon esprit a été conditionné par le nom du morceau ? je lis « vallée de la mort »… je pense au désert, à la poussière…. J’attribue un coté rock stoner à ce titre… alors je le réécoute… et je n’arrive pas à me défaire de cette idée. Et fichtre, il n’est pas mauvais en plus ce morceau. Je suis à la limite d’avoir envie de parcourir le désert de l’Arizona en cabriolet, cheveux au vent avec ce son à balle dans les enceintes crépitantes.
  • Revolution : un nom simple, peut être simpliste… mais une track efficace, courte (moins de 2’50’’). On revient aux bases du thrash, ça tabasse, c’est rapide. C’est explicite également dans le propos.
  • Something to believe : la conclusion de cet album avec une ouverture positive… quelque chose à croire… la voix se fait plus incantatoire et le groupe se départit temporairement de son thrash incisif pour proposer un metal plus divers et conclure ce nouvel album.

Que dire d’Awakening ?

L’album est de très bonne qualité, les morceaux sont tous leur caractère sans tomber dans la redite et sont très homogènes. Sacred Reich propose un 8 titres solide, peut-être pas révolutionnaire, mais cela reste un très bon album de thrash metal groovy et il ravira certainement les puristes et – touche positive- peut aussi convaincre des néophytes de se laisser tenter.