Thrill Seeker Metal Fest #2

Thrill Seeker Metal Fest #2

3 juin 2019 0 Par Oona INKED

From Paris With Parpaing

Le Thrill Seeker Metal Fest naît dans la petite ville de Crosne en novembre 2016, avec comme parrains de cette première édition des groupes notables tels que Gorod, Atlantis Chronicles et Arcania. Cette année, ils laisseront leur place au MusikÖ_Eye Fest pour se délocaliser au Gibus Live. Accrochez vous à vos slips, serrez les fesses, ce soir, l’entrée est payante, mais les mandales seront gratuites.

Naamah, c’est un personnage biblique mais c’est également un groupe fort sympathique. Le jeune quintette parisien ouvre le bal avec un Death Mélodique bien ficelé. Une basse un peu trop prononcée et deux-trois larsens, deux photographes en première ligne, la foule encore un peu timide restera en retrait, l’horaire précoce, encore une fois, n’aide pas. C’est sur ces quelques accrocs que le groupe nous jouera son EP éponyme dans son intégralité, oscillant entre le Death et une bonne influence prog à la Obscura.
Les larsens persisteront encore jusqu’à la fin – ça, malheureusement ils n’y
peuvent rien – mais ils n’empêcheront pas les amis et amateurs du groupe d’apprécier le set. Pour ma part j’ai fortement apprécié la profondeur et la touche presque Mélodeath des riffs de Lucidium, qui me rappellera clairement le refrain de Black Heart Rebellion d’Insomnium. Ils clôtureront par un sixième titre, inédit. Tout cela n’annonce que du bon pour la suite !

Un gros beat et du kick gras samplé à la Ghostemane, Guttural Deepthroat partageait l’affiche il y a peu avec Ingested ou encore Traumatomy, et réunit en cette fin d’après-midi Omer, chanteur de Child of Waste, Léo, bassiste de Promethean et Griffon, et Adrien pour un threesome de Brutal Death à péter des cervicales et fatiguer les zygomatiques. Pourquoi ? Parce ce groupe récupère tous les clichés de la scène Brutal/Slam Death et sait en jouer, les tourner en dérision pour le plus grand plaisir des amateurs du genre et autres connaisseurs. Et forcer les clichés, ça passe également par une setlist aux noms tous plus mignons les uns que les autres : Cyprin Pool, Vaginal Congestion, Gagging On My Foreskin, ou encore Tremolo Cliting… Quand on sait qu’ils s’intitulent ainsi, bien sûr, c’est beaucoup plus drôle de les présenter en growlant du charabia dans son micro !
En 8 titres, Guttural Deepthroat nous aura montré qu’il maîtrise parfaitement son sujet, et à défaut de se noyer dans la cyprine, c’est dans une marre de sueur que le groupe nous quitte, après du headbang et du mosh bien mérité. Le public a pris un maximum de plaisir, et c’est ce qui importe. Si vous aimez le Slam et le Brutal Death, je vous invite à jeter un oeil à l’agenda de Suden Promotion.

Après le Metal Sphere et l’Asylum Metal Fest, on retrouve une fois encore les cinq Yvelinois énervés de Geostygma, ils ne s’arrêtent donc plus dans la distribution de la bonne parole, en bons évangiles du Tech Death. La salle est déjà bien remplie, et le public, bien échauffé. Malheureusement, une corde cassée retardera légèrement le départ du groupe.
Vous connaissez la chanson (no pun intended), The Wise, Formatted Brain, Shutdown, cette fois ci, le groupe aura un public conséquent, déjà, mais un public ultra-réceptif ! Du pogo du début à la fin, du crowd surfing un peu périlleux, le “Mangez, ceci est mon corps” dépasse la métaphore tellement le crowdkill va bon train. C’est sans aucun doute Enqweetine 2.0 et Withering Breath qui convertiront les quelques hérétiques restants dans la salle. Le Saint Groove est toujours au rendez-vous, et ça fait plaisir à voir.

C’est l’heure pour le titanesque Promethean de nous plonger dans un univers mythologique recherché sur tous les plans, des mythes évoqués jusqu’à la composition, à grands coups d’orchestrations et de brèkdône. Quand on connaît le background musical des membres, ça ne surprend que peu ! Ils sont six, autant vous dire que la scène était serrée, mais ça n’empêchera pas Nicolas (chant) de l’arpenter et d’attirer les derniers soiffards qui reviennent précipitamment du bar. Faudrait pas rater ça !
Après un The Nameless Colour sorti fin 2018 rappelant agréablement Mordant Rapture, ils enchaînent rapidement sur Niobides, The Plague et A Forbidden Symphony, issus de leur première sortie, Aloades (2017), de la violence à n’en plus pouvoir ponctuée par de magnifiques soli harmonisés de Matthieu et Gaëtan, une salle beaucoup moins éclairée, ce qui accentue la force anxiogène du morceau. Une petite lampée pour tout le monde, des oui fusent de part et d’autre de la fosse, et c’est reparti de plus belle avec un nouveau titre, Antique Libraries, au refrain plus lent et aux orchestrations plus marquées, sous des spots rouges et bleus. Les larsens sont malheureusement toujours un peu présents, mais ça n’a pas l’air de gêner le moins du monde le public, headbanguant toujours aussi frénétiquement. L’Indicible, autre nouveauté du set prévue pour le prochain opus, clôture le passage de Promethean avec une structure beaucoup plus distincte et manichéenne, alternant entre down-tempo et toujours plus de blasts, entre growls profonds et shriek. Un bon preview pour le futur du groupe. On espère les revoir biental.

Histoire de se quitter sur un groupe qui vaut largement le détour, Stömb s’occupera de nous achever avec leur djent instrumental. Alors, on peut se dire que ce genre, en live, doit être ennuyeux à mourir… Eh bien non. La composition n’est peut-être pas aussi technique qu’Animals As Leaders, certes, mais elle ne tombe ni dans l’évidente facilité, ni dans la complexité à tout prix. Ils ouvrent le set avec un tout nouveau morceau, Dimension Zero. D’emblée, Tom, Alex, et Aurélien savent s’imposer. C’est propre, la technique est carrée, les ambiances sont riches, et les nappes atmosphériques nous laissent nous évader. Pour varier les plaisirs, ils alterneront entre leur premier album (The Grey, 2016) et leur dernier single (Duality, 2017). Chaque instrument se détache des autres, la
basse est claire, la guitare, syncopée, nette, précise (on sent l’influence du géant Meshuggah), et les samples très pertinents renforcent les atmosphères recherchées sur les différents titres. Nous ne pouvions pas demander mieux qu’une deuxième exclusivité pour clôturer leur passage, The Threshold, apportant une certaine fraîcheur au set.

La claque de ce soir était violente, vous n’êtes pas prêts pour le revers de demain.