“On va tous crever” : Un brûlot nécessaire et jouissif !

“On va tous crever” : Un brûlot nécessaire et jouissif !

26 avril 2019 0 Par Huhsh

Sidilarsen revient ce 26 avril avec son septième album studio. Si le DVD live “In Bikini Dura Sidi” aura quelque peu atténué cette attente, il aura fallu patienter trois ans pour poser une oreille sur ce “On va tous crever”. Brûlot accusateur, cris d’alarmes, cri d’espoir ? C’est un peu tout ce qui transpire de ces 11 titres, rageurs et urgents !

C’est sur “A vif”, premier single dévoilé, que démarre ce nouveau chapitre de l’histoire des toulousains. Passé cette intro tout en murmure, vient la force de frappe de la section rythmique, implacablement saccadée, battant comme un cœur sur le point d’exploser. Le morceau est un appel à espérer et agir. Un morceau brut et intense, presque punk tant il en transpire l’énergie. Monte comme un appel au circle pit qui ne manquera pas de secouer les fosses.  “Money Game” ne laisse que peu de doute quant au thème abordé. D’emblée la patte électro se fait sentir, et peu à peu, l’énergie dégagée par le morceau se voit absorbée pour mieux exploser dans le pit, un titre taillé pour le live là aussi. “Interdit de se taire” pose une ambiance plus oppressante, le chant se pose et se place, mi slam, mi rap, pour se saturer sur les refrains. Cross-over réussi et là encore un propos clair et engagé sans sombrer pour autant dans le pathos. “Zéro un zéro” est une critique acerbe de notre dépendance aux écrans et aux nouveaux médias. Sans réaction, une domination de la machine sur l’homme paraît presque inévitable. Un sentiment exacerbé par les samples entêtants et profonds qui accompagnent ces 5 minutes. “God’s got guns” que d’aucun a pu entendre avant la sortie de l’album porte encore un message fort, pointant explicitement l’Europe et notamment le sort des réfugiés. Entêtant, lourd, presque tribal, un refrain qui impacte tout de suite, Sidi finirait par devenir lassant à force de sortir un hymne à chaque titre…. Je déconne, on en redemande.

Un berimbau solitaire ouvre “Start up Nation”, un morceau un poil plus mid tempo pour mieux appuyer le propos. A nouveau la subtilité des influences du quintet fait mouche, faites à attention à l’uppercut qui vous guette.

Je pourrais continuer comme ça pendant longtemps, et un à un, titre après titre vous détailler mes impressions. Sachez juste que de bout en bout j’aurais été dithyrambique. Cet album se dévore comme un livre, il raconte l’histoire de toute une génération, interroge par la résonance de son propos avec les événements que nous vivons actuellement. Un cross-over de toutes les influences qui font la carrière de Sidilarsen, en plus brut, plus incisif et plus féroce, résolument taillé pour le live !

“On va tous Crever” – Verycords – 26/04/2019